mercredi 30 avril 2008

Récupérer tous les acquis sociaux !

"Travailler plus" nous dit la droite et le patronat : en effet cela fait des années (depuis la mort de la menace communiste) que le patronat cherche à récupérer les acquis sociaux qu’il a été obligé de céder durant les 2 derniers siècles .
Les "ponts" de mai comme les 35 h constituent pour le patronat des cibles qu’il cherche à rogner progressivement : la canicule en fut l’occasion et le premier ministre d’alors qui mit en place cet acte incroyable de suppression d’un jour férie.

Le syndicat patronal MEDEF.
Le but d’un syndicat patronal est de… défendre les intérêts du patronat. Jusque là rien à redire ! Mais en remontant dans le temps et les luttes sociales on s’aperçoit de ceci. Le Patronat n’a jamais été le syndicat légaliste qu’il est aujourd’hui et a usé de tous les moyens même les plus ignobles pour freiner les avancées suivantes dont nous jouissons actuellement.
Le public d'aujourd'hui ne se souvient plus de « comment s’était avant », comme le travail des enfants des 7 ans et pour + de 12 heures par jours ou des femmes enceintes.

  • janvier 1813, un décret interdit de faire descendre dans les mines les enfants de moins de 10 ans.
    Sans commentaire…
  • Mars 1841 il est interdit d'employer
    Plus de 8 h par jour les enfants de 8 à 12 ans Plus de 12 h par jour les enfants de 12 à 16 ans ...
    Sans commentaire…
  • 1848. La journée de travail limitée à 10h
    Jamais appliqué par le patronat qui obtient l’année suivante le retour à 12h par jour et l’interdiction des regroupements ouvrier (finalement reconnus en 1884 soit 40 ans de pouvoir suprême pour le patronat).
    Je n'ose imaginer de nos jours un patronat réclamant le retour au 39h...
  • 1892 : La journée de travail limitée à 11H pour les femmes et les enfants de moins de 18 ans !
    Les hommes eux restent toujours à 12h.
  • 1893 : lois sur les normes d'hygiène et de sécurité du travail (cela semble inhumain de penser qu’avant cette date rien n’obligeait un patron à dépenser pour du « non rentable » comme la sécurité et l'hygiène).
  • 1898 : lois sur les accidents du travail. (Voir commentaire sur 1893)
  • 1913 : Loi instituant le repos des femmes en couches,
  • 1914 : Loi interdisant certains travaux aux femmes et aux enfants.

Tous ces acquis que nous trouvons « naturels » actuellement on été refusé par la Confédération générale du patronat français (CGPF), patronat de l’époque comme il refuse avec toujours les mêmes arguments (et c’est ce qui est frappant) les acquis d’aujourd’hui.

1936 : les congés payés et les réactions patronales

Léon Blum réuni le patronat français et la CGT pour obtenir :

  • la semaine de 40 heures,
  • 15 jours de congés payés,
  • la généralisation des conventions collectives,
  • la création des délégués du personnel,
  • 12% d’augmentation des salaires.



Ainsi contre les congés payés les réactions patronales furent

  1. Morales : « La hantise de l'oisiveté, "mère de tous les vices", occupe les esprits, notamment à droite. Les opposants à la loi craignent la destruction d'une certaine morale du labeur »
    C’est une connotation très chrétienne, il y a manifestement des ponts idéologiques entre l’Église et le patronat : les chartes du travail obligeant les salariés en dehors des jours travaillés à aller à la messe le dimanche matin.
  2. Économiques : « Être payé à ne rien faire », « L’économie française ne s’en relèvera pas », « La France entrera en déclin face aux autres nations.
    Notez que ces arguments sont repris par le Medef et la droite française pour détruire les 35 heures !

Les congés payés ? "L’économie française ne s’en relèvera pas"
Chaque fois que l'on donne du temps pour souffler aux salariés, la droite se déchaine contre ces mesures sur l'air bien connu du "l’économie française ne s’en relèvera pas" !
Vieux refrain entendu sur les 35 heures…


Voici la saga de vos congés payés (Copyright Reed Business Information / Prat Editions).

Les congés payés ?
C’est en gros le Front populaire de Léon Blum en 1936, donnant le droit pour tous les salariés à 12 jours ouvrables de congés payés chaque année ET les "40 heures".

  • 1906 : un jour de repos hebdomadaire.
  • 1936 : deux semaines de congés payés (réformes du Front populaire).
  • 1956 : troisième semaine de congés payés (accordée un an plus tôt par Renault).
  • 1965 : quatrième semaine de congés payés en 3 phases avec 1968 & 1969.
  • 1982 : cinquième semaine de congés payés.


Depuis le début du 19eme siècle le temps de travail a été réduit (pas de bonne grâce...) sans que jamais la droite ne l'accepte (seraient-ils les descendants "idéologiques" des pharaons ?).


Le conservatisme essaye de se travestir en modernisme !

Pourquoi les dirigeants de droite et de tout temps ont été contre le bonheur et une vie plus agréable pour le reste de l'humanité ? Le "travailler plus" ne serait qu'un moyen de gagner encore et toujours plus pour eux ? La droite n'a jamais admit les 40 heures, puis les 39 heures alors...vous pensez pour les 35 heures !

Pourtant la limite des heures travaillées peut permettre et va dans le sens de la reconstruction de la cellule familiale qui, depuis que les 2 parents travaillent, ne laisse plus beaucoup de place à l'apprentissage et à la transmission de valeurs morales à nos enfants. Elle va aussi dans le sens de l’accomplissement d’un être humain, donc in fine à une plus forte productivité (si l’on se place du seul point de vu patronal).

Elle va aussi dans le sens du pouvoir d’achat et d’un vrai retour structurel à l’emploi. Donc à une réduction mécanique des déficits publics et sociaux.

Si la hantise de l'oisiveté, "mère de tous les vices", occupe les esprits, notamment à droite, je crois que le manque de temps pour sa famille est le vrai problème contre l'effondrement de nos valeurs civiques.
Le civisme, la transmission de nos valeurs, le dynamisme intellectuel et économique, ou le simple bien être aurait peut être tout à gagner des 30 heures par semaine...
Sont-ils aussi contre le bien être de la population ?

Je le crois, parce que le but est le retour généralisé à la précarisation de l’emploi. Et si l’on regarde leurs actions et le but supposé ils ne s’y prendraient pas autrement.